Une journée dans mon monde de professeure de langues étrangères

Ce matin du 28 août 2020, malgré la fatigue, la pluie et le froid, je me suis levée tôt comme d’habitude pour aller à mon cours de 8 heures.

Évidemment, ce ne fût pas une surprise quand je suis arrivée dans la salle de classe et que j’ai réalisé qu’il n’y avait pas l’ombre d’un étudiant.

Je me suis dit : peut-être que c’est à cause de la pluie et que c’est juste un retard.

Après 30 minutes, personne, et je me suis dit à nouveau : bon, de nos jours, nous vivons dans un monde à l’envers (ce ne sont plus les étudiants qui attendent le professeur comme avant, mais plutôt le professeur qui les attend).

Je peux attendre, et je suis déjà là de toute façon. Finalement, personne ne s’est pointée, et personne ne m’a non plus envoyé un message pour justifier son absence.

Donc, de 8 heures à 18 heures, j’étais seule dans ma classe.
Normalement, je devais avoir un autre cours à 16 heures. mais l’étudiante m’a envoyé un message m’informant d’un voyage pour son travail. J’ai donc dû attendre jusqu’à 18 heures pour le dernier cours de la journée.

Quelques minutes avant 18 heures, l’une d’entre eux, la plus ponctuelle et la plus dévouée, m’a appelé pour me dire qu’elle avait beaucoup de travail au bureau et qu’elle n’était pas sûre de pouvoir assister au cours.

Écoutant cela, je me suis dit : peut-être que je devrais appeler les autres pour savoir s’ils vont venir.
J’ai donc contacté la première, elle m’a dit qu’elle ne se sentait pas bien. Donc, il me restait le dernier.

Étant donné la fatigue et la déception que j’ai ressenties après avoir perdu tout ce temps, je me suis dit : “Je devrais peut-être appeler le dernier pour voir s’il va venir, et l’informer que ses camarades de classe ne viendront pas.

Mais à la réflexion, et connaissant bien mon étudiant, je me suis dit : eh bien, si je lui dis cela, il est évident qu’il va vouloir annuler le cours parce qu’il n’aime pas être seul en classe.

Mais cela n’a aucun sens d’attendre dix heures pour finalement rentrer chez moi sans rien faire.
J’ai donc décidé de l’attendre.

À 18 heures, alors que je faisais quelques révisions, j’ai entendu soudainement une voix masculine à la porte : bonsoir Professeure !

Cette voix ne m’a pas semblé inconnue. J’ai donc levé la tête et j’ai vu mon étudiant qui avançait vers son siège. Sa première question n’a pas été surprenante:

– où sont les autres ?

– Ils ne viendront pas aujourd’hui. Je lui répondis

– D’accord, ce n’est pas grave. Nous pouvons commencer. dit-il

Après quelques minutes de plaisanterie, j’ai pris mon livret et lorsque j’ai voulu commencer la leçon, j’ai réalisé que le cours ainsi que les exercices que j’avais prévus étaient entièrement de type collaboratif et qu’ils n’allaient pas fonctionner avec un seul étudiant.

J’ai donc dû chercher un plan B. Mais à la réflexion, je me suis rendu compte que je n’avais pas prévu de plan B.

Finalement, j’ai dû aborder un sujet complètement différent de celui que j’avais prévue dans mon plan initial.

À ma grande surprise, l’élève a adoré le sujet et les activités.
Nous avons fait deux heures, et quand nous étions sur le point de quitter la classe, l’étudiant m’a dit : merci beaucoup professeure, ce cours est mon préféré et surtout le meilleur depuis que j’ai commencé, j’ai adoré.

Ces mots m’ont donné un sentiment de satisfaction, et surtout de devoir accompli.
Je suis donc rentrée heureuse et impatiente de revenir demain.

Chers collègues, j’ai décidé de partager cette petite histoire avec vous car je sais que ce métier demande une certaine abnégation et surtout beaucoup de patience. Et je sais aussi que certains, dans ma situation, préféreraient annuler le cours et rentrer chez eux. Mais, dans de telles circonstances, nous ne devons pas perdre de vue notre objectif et surtout la qualité principale qui nous différencie des autres : LA PATIENCE

Finalement grâce à cette expérience, j’ai enfin trouvé un sens à ces mots d’un écrivain hispano-camerounais, je cite: “les difficultés font découvrir des solutions brillantes à ceux qui prennent la peine de réfléchir”. (Germain Metanmo : El hijo varón, 1985, p. 21)

Merci de lire et partager !

Stephanie Douanla

Entrain de réfléchir si je dois rentrer où attendre

2 thoughts on “Une journée dans mon monde de professeure de langues étrangères

  1. Max Releaf CBD Tincture's avatar

    Hello. remarkable job. I did not anticipate this. This is
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    1. Meltyf BVIC's avatar

      Hello Max, thank you for your comment!

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